dimanche 7 juillet 2013

Partie 8 : La découverte des affres de l'écriture



LA DECOUVERTE DES AFFRES DE L'ECRITURE

Quand je me suis mis à écrire ces petites histoires, Martinou et Pirouly  formaient un duo. J'ai ajouté les personnages de Poucy et Mirliton quand j'ai su me débrouiller avec deux personnages à peu près correctement (c'est comme quand vous jonglez, vous commencez prudemment par deux balles avant d'en inclure une troisième, puis une quatrième...).
En quittant le format texte/ poésie, je passai à quelque chose de beaucoup plus ambitieux, mais tellement plus excitant et amusant. Je découvris au fur et à mesure des lignes et des pages noircies, la réelle difficulté d'écrire...que dis-je, non... écrire c'est simple (il faut juste un stylo)...ce qui est compliqué, c'est de narrer, de construire et de faire évoluer une histoire avec cohérence. C’est un travail de longue haleine.
Quand on manque de technique, on se lance au jugé, on improvise, on rafistole. Cela donne une suite de scénettes sans trop de rapport entre elles et une intrigue un peu tarabiscotée...et beaucoup d'incohérences (mon angoisse). 

 
Je découvris aussi que cela demandait plus de disponibilité, plus de temps, plus de concentration. Quand vous êtes dans une histoire, vous ne supportez pas d'être dérangé, ne serait-ce que par un désinvolte "On mange ! A taaable !!" qui vous fait atterrir de force dans le monde réel et vous fait perdre le fil de ce que vous racontiez. Et pour vous remettre au boulot là où vous vous étiez arrêté, ce n’est pas facile ! Il faut se remettre dans "l'ambiance" et ce n'est pas instantané (en tous cas, pas pour moi !).Quand les muses sont là, il faut les honorer !!

Donc, pas question de se mettre à écrire sur un bout de table pour une demie -heure après le boulot entre la soupe et le journal du soir, ou juste avant de dormir (à moins d'être constitué pour des nuits blanches, ce que je ne suis pas...toutefois il m'arrive aujourd'hui de noter sur un calepin,  en pleine nuit, des idées qui me sont venues à la faveur d'une petite insomnie, de peur qu'elles ne s'envolent d'ici le lendemain matin). Pour cette raison, je me consacrai à mon hobby essentiellement au cours des vacances et quelques week-ends où, là, je disposai de temps.
Sans compter que je continuai à lire beaucoup à côté, afin d'enrichir encore mon vocabulaire, vocabulaire que je découvris très limité malgré toutes ces années de lecture. Je le découvris à la difficulté que j'eus de trouver les mots, (et des mots variés) pour décrire des choses, des gens, des situations. Rien que la description physique d'un personnage: quel challenge (je ne suis pas certain d'y arriver encore aujourd'hui, mais je travaille sur les physionomies). Je me suis rendu à l'évidence, il fallait se documenter pour s'approprier un champ sémantique.

Je voulais parler d'un évadé ? Il fallait me documenter sur les grandes cavales, sur le système de recherche policier, l'aspect juridique d'un méfait. Ouh, la, la, c'est compliqué ! Mais important pour l’enrichissement de la narration et sa logique ou son réalisme.
Au milieu des années 90, il faut encore aller à la bibliothèque pour consulter des journaux, des livres en rapport avec le thème de vos recherches. Comme je faisais cela en dilettante, j'ai trouvé à l'époque la démarche trop fastidieuse, trop chronophage.
Du coup ma production s'est largement ralentie. De 1994 à 1999, j'ai dû  écrire quatre nouvelles dont "Martinou et Pirouly: La maison sur la colline", "Martinou et Pirouly: L'affaire du petit vélo rouge", "Martinou et Pirouly: la malédiction des sept moines" (qui deviendra, une fois remaniée, "Le tombeau des moines").
Au cours de ces années, ma bibliothèque idéale s'est agrandie grâce au marché aux livres de Porte de Vanves près du parc Georges Brassens. à Paris Combien de classique de la littérature ai-je ramené de ce marché, souvent le dimanche matin. Je me revois, de retour chez moi, étaler mon butin avec jubilation sur le lit, et feuilleter chaque livre acquis, le renifler, le classer avec les autres par ordre alphabétique, en imaginant avec délectation toutes les heures de bonheur qu'ils allaient me procurer.

 C'est à cette époque que je comble mes lacunes en histoire (la matière ne m'a jamais attiré au collège et au lycée, suite de chiffres et d'événements sans liens entre eux, racontés sans passion par les professeurs successifs) en découvrant le roman historique.
Je lus d'abord "les Rois Maudits" de Druon (idéal pour l'histoire de la première moitié du XIVème siècle, puis, on me conseilla "Fortune de France" la saga de Robert merle qui couvre l'histoire de France de Henri III (1547) à Louis XIII (1661). L'un et l'autre ont pour particularité de raconter des faits historiques très documentés à travers un personnage réel ou de fiction dont les aventures nous tiennent en haleine, le tout dans un vocabulaire d'époque très fleuri. Quel plaisir d'apprendre nos rois de France dans ces conditions.
Et ce fut la découverte pour moi d'Alexandre Dumas. Ma dernière passion (eh oui, vu l'importance de l'œuvre de ce gargantuesque écrivain, je n’ai, à ce jour, pas encore tout lu de lui, mais je compte bien y arriver) m'a apporté tant de plaisir et de connaissance que je lui voue un culte indéfectible et une reconnaissance immense. Contrairement à certains, je n'ai pas découvert Dumas avec "Les trois mousquetaires" ou "Le comte de Monte-Cristo". Le premier livre que j'ai lu de lui, était "Joseph Balsamo", que suivent "Le collier de la Reine" et  "Ange Pitou", triptyque qui vous fait découvrir la fin du règne de Louis XV jusqu'à l'exécution de son successeur. On y assiste aux prémices de la révolution, on monte sur l’échafaud avec Louis XVI et Marie –Antoinette ; c’est comme si on y était.
Lui-même fervent admirateur de Michelet, historien de la révolution, il ne cesse de se documenter dans les écrits de celui-ci. Passionnant, ce qu'il en fait ! Je vous recommande ce triptyque. Avec Dumas vous pouvez d'ailleurs visiter toutes les périodes de l'histoire de France, c'est ça qui est bien. 



 
Mais revenons à mes humbles préoccupations d'écrivain en herbe.
En 2000, je fais lire à mon ami Thierry D. les histoires déjà écrites de Martinou et Pirouly. Sous son œil critique et bienveillant, je suis encouragé à mettre au propre mes histoires, voir à les étoffer.
Plongé en pleine fièvre de romans historiques, je m'intéresse particulièrement à l’une d’elles, "La malédiction des sept moines" et, peu à peu, de nouvelles idées me viennent. Je pars d’une anecdote que mon père, ancien maçon, nous a souvent racontée. A l’occasion d’un de ses nombreux chantiers, il avait mis à jour des cercueils au fond du jardin d’un ancien  monastère. Très vite, je m’éloigne de la nouvelle initialement écrite et décide de procéder différemment. Par exemple, je m’attèle à un plan ainsi qu'à des fiches descriptives des personnages afin de bien savoir où je vais.
Sage précaution. Les choses vont déjà beaucoup mieux. Autre nouveauté pour moi : j'acquiers un ordinateur et un accès à internet, certes au flux sporadique, mais accès internet tout de même. Mes recherches sur les sujets qui m'aideront à aborder ma narration purent enfin se faire plus sereinement, de chez moi, sans mobilisation excessive de mon temps. 


Ainsi je rédigeai l'essentiel de "Martinou et Pirouly: le tombeau des moines" entre 2000 et 2006, que ce soit assis confortablement au fond de mon canapé de la rue Pierre Curie à Ivry, ou sur une plage entre Saint Jean de Luz et Biarritz, ou encore dans une chaise longue dans le jardin de mes parents en Picardie, et enfin dans ma nouvelle maison, acquise en 2005. Chaque vacances, je m'efforçai de faire progresser mes héros de papier dans l’intrigue imaginée.  
Une maison c'est beaucoup d'entretien. En  2006, je laissai mes héros en fâcheuse posture alors qu'il ne me restait plus que le chapitre de conclusion à rédiger et que je n'avais jamais été aussi près de la fin. Ces dernières années, chaque été, je me suis dit qu'il fallait que je termine, mais les années ont passé et je n’ai pas trouvé le moyen de m'y remettre. Peur de finir l'histoire aussi, peut-être...
Puis...


samedi 6 juillet 2013

Gagnantes du quizz littérature jeunesse

Puisque nul n'a battu le record de point d'Angelique et Cassandra, j'ai l'insigne honneur de déclarer celles-ci grandes gagnantes du quizz littérature jeunesse. Le lot ? Un petit rôle dans le prochain tome de Martinou et Pirouly "Le clown ne rit plus". Bravo aux gagnantes !!

samedi 29 juin 2013

Jouons ensemble : quizz partie

La littérature enfantine existe depuis des siècles. Petit tour d'horizon pour vérifier qui connait ses classiques mais aussi les derniers héros en vogue. Un jeu à faire en famille donc. Bravo au petit Tidef qui a remporté le jeu précédent en ayant découvert la majorité des différences.
AMUSEZ-VOUS !



Question 1 : Qui est l'auteur du petit chaperon rouge ?
A. Les frères Grimm
B. Walt Disney
C. Charles Perrault



Question 2 : Dans le roman de Carlo Collodi, que doit planter Pinocchio sous les conseils du renard et du chat dans un champ pour que cela pousse et fructifie ?
A. Des noyaux de pêches
B. Des pièces d'or
C. De la vigne



Question 3 : Dans "les malheurs de Sophie", de la Comtesse de Ségur, que laisse fondre l'insupportable petite fille au soleil ?
A. Sa poupée de cire
B. Sa glace au chocolat
C. Son masque de beauté



Question 4 : Qui effraye au plus haut point Tom Sawyer dans les aventures du même nom écrites par Mark Twain ?
A. Dodo la saumure
B. Jo l'indien
C. Bob l'éponge



Question 5 : Quel est le pouvoir du chat du cheshire que croise Alice au pays des merveilles dans le roman de Lewis Carroll ?
A. Il disparaît et réapparaît à volonté
B. Il court avec une montre à la main
C. Il recite son alphabet à l'envers


Question 6 : Par qui bébé Mowgli est-il recueilli dans "le livre de la jungle" de Rudyard Kipling ?
A. Un tigre
B. Des loups
C. Le général Kipling


Question 7 : Dans "Peter Pan" de J.M. Barrie, comment le Capitaine Crochet sait-il que le crocodile qui lui a mangé la main est dans les parages ?
A. Le réveil qu'il a avalé continue son tic-tac
B. La fée Clochette le prévient
C. Il le voit parce qu'il est vert fluorescent


Question 8 : Comment s'appelle le petit ouistiti de Rémi dans "Sans famille" d'Hector Malot ?
A. Cornélius
B. Cheetah
C. Joli-Cœur


Question 9 : Le personnage de Jules Verne, Philéas Fogg, entame son "tour du monde en 80 jours" pour gagner :
A. Un pari
B. Le Vendée globe
C. Le cœur de sa belle


Question 10 : Les aventures de "David Copperfield", de Dickens, se déroulent principalement à :
A. Londres
B. Paris
C. New-York


Question 11 : Quel est le nom du navire sur lequel va naviguer Jim Hawkins dans sa quête de "L'île au trésor" de Robert Louis Stevenson ?
A. Le Bounty
B. l'Hispaniola
C. Le Titanic

 
Question 12 :  Quel est la particularité du cinquième membre du club des cinq d'Enid Blyton ?
A. C'est un paraplégique
B. C'est un chien
C. C'est un fantôme


Question 13 : Comment les sorciers nomment-ils les humains sans pouvoirs dans Harry Potter de J.K. Rowling?
A. Les moldus
B. Les mous du genoux
C. Les boloss


Question 14 : Qu'est-ce que "Croc Blanc" ?
A. Une marque de dentifrice
B. Un roman de Jack London
C. Le nom d'un catcheur vedette


Question 15 : Dans la trilogie Eragon, de Christopher Paolini, comment se nomme l'épée du héros du même nom ?
A. Durandal
B. Zar'roc
C. Ouhsacoupe


Question 16 : Complétez ce titre "Percy Jackson le voleur :
A. d'orange"
B. d'âmes"
C de foudre"


Question 17 : La trilogie des "Hunger games" de Suzanne Collins est du genre :
A. Aventures / Science fiction
B. Historique
C. Héroïc Fantasy


Question 18 : Qui est l'ennemi juré de Tara Duncan, héroîne de Sophie Audouin Mamikonian ?
A. Voldemort
B. Le sorcier magister
C. Gargamel


Question 19 : Quel est le point commun entre Liam O'Connor, Maddy carter et Sal Vikram dans les romans "Time riders" de Alex Scarrow ?
A. Ils ont tous été sauvés d'une mort imminente par un homme mystérieux
B. Ils ont croisé le chemin de Terminator
C. Ils ont tous eu leur BAC avec mention


Question 20 : Dans quel tome de la série de livres "Twilight", de Stéphanie Meyer, Bella Swan devient-elle à son tour vampire ?
A. Dès le tome 1
B. Dans le tome 4 après son mariage avec Edward
C. Dans aucun des tomes puisqu'Edward se refuse à la transformer


mercredi 26 juin 2013

Partie 7 LA NAISSANCE DE MARTINOU ET PIROULY

Recentrons un peu les choses sur mes personnages car, après tout, il s'agit de leur blog.
Donc, après le mini-buzz créé par ma video (record de consultation du blog et de ma page Facebook) revenons vers ma passion artistique présente. Ceux qui ont déjà lu "le tombeau des moines" apprécieront et cela donnera peut-être envie à d'autres de le découvrir ;-),
Entre 20 et 25  ans on se cherche et après la comédie et la musique, je me tournai vers les plaisirs plus solitaires de l'écriture...


LA NAISSANCE DE MARTINOU ET PIROULY


Tout le monde il est pas beau et tout le monde il est pas gentil ! La vie parisienne se charge vite de vous l'apprendre. Il arrive un moment où la réalité des choses vous rattrape et il faut survivre, et surtout manger.
Après une seconde mélodie qu'un musicien de rencontre m'offre gracieusement sur un de mes textes appelé "La ballade de Burt", jolie composition pleine d'harmonica et de violons, à laquelle j'ai activement participé guidant tout le long le compositeur sur les accords souhaités, je décide de me concentrer sur ma vie professionnelle et je passe à temps plein afin de stabiliser ma vie. La comédie et la chanson c'est bien jolie mais ça n'apporte pas un sou vaillant.
L'envie d'écrire est toujours là, moyen de s'évader par ses propres moyens. Je passe aussi une partie de mes week-end et vacances à lire des romans (je m'enfourne les vingt tomes des Rougon Macquart en un petit peu plus d'un an) et à écrire des nouvelles. 
Ces nouvelles ont pour héros une jeune fille de 12 ans et un petit garçon de 10 ans :
Martinou et Pirouly.  

Maintenant que vous avez lu ce qui précède, vous pouvez imaginer comment l'un et l'autre arrivent dans ma vie. Provincial exilé dans la capitale, déçu par mes échecs artistiques, éloigné de mes anciennes amitiés et de la famille, je ressens le besoin de recréer un univers sécurisant. Quoi de mieux que de ressusciter une merveilleuse enfance où solidarité, partage, confiance et amitié étaient des valeurs sûres? Blotti dans mon appartement parisien du 4ème arrondissement, je retrouve les odeurs, les paysages de ma campagne natale et je  me ressource et m'oxygène au fil des lignes que je noircis.


Martinou c'est la synthèse de deux personnages féminins déterminant dans ma vie: Martine ma cousine et Myriam mon ami d'enfance et voisine, toutes deux à l'intelligence affûtée, au caractère vif, affirmé et volontaire avec ce qu'il faut de coquetterie.
Pirouly, c'est moi (tiens ça me rappelle un auteur !) ou du moins l'enfant que je fus à l'âge du personnage. D'où la narration à la première personne (très compliquée la narration à la première personne, promis je ne recommencerais plus; cela limite trop la dimension de l'histoire et le point de vue) !
Poucy, c'est Poucy. Rien à changer car mon ami d'enfance avait un caractère digne d'un personnage de roman haut en couleur, sportive, grande gueule, redresseuse de tort, aimant les chevaux, les chiens et les ballades à vélo, assez garçon manqué pour se rouler dans la boue avec le premier qui lui cherchait des poux.
Mirlition réunit les personnalités de Marie-Christine et la petite fille à Crevette, une jeune fille qui venait occasionnellement chez sa grand-mère, surnommée Crevette. Impossible de me rappeler de son prénom mais je me souviens en revanche de son originalité vestimentaire et de son air éthéré qui la plaçait au-dessus des gens et des événements. Un peu rêveuse, un peu lunaire, elle était naturellement, la cible de nos quolibets et réagissait toujours de manière très surprenante et jamais de la même façon. Elle essaya ainsi l'hystérie, l'arrogance, l'ignorance, le dialogue, la douceur... Quant au coté suiveur et gaffeur de Mirliton, c'est Marie-Christine tout craché, ma seconde cousine qui a accompagné mes jeunes années. 



Je pourrais continuer l'énumération des personnages et ceux qui me les ont inspiré, mais ça n'a que peu d'intérêt, étant donné que les personnes ayant traversé ma vie ne vous ont pas toutes été présentées dans ce qui précède.  
Je préciserais juste que Barroy est une version romancée de Liancourt Saint Pierre, petit village du Vexin français dans lequel j'ai grandi. Liancourt (à ne pas confondre avec Liancourt Rantigny !! combien de voyageurs égarés avons-nous dû détromper  et remettre sur le bon chemin en leur arrachant un cri de désespoir puisqu'il leur restait encore 75 kilomètres à faire pour être arrivé à bon port) se situe à 15 kilomètres de Gisors (27) et son château médiéval sur lequel Richard Cœur de lion plantât son drapeau.

Si j'ai gardé la topographie générale Liancourtoise, j'ai, en revanche, modifié la disposition des rues pour faciliter mon intrigue et la logique de déplacement de mes personnages. J'ai surtout tenté d'en transmettre l'ambiance et l'esprit.  
Pourquoi Barroy ? Eh bien, là-aussi, cela servait  mon intrigue dont l'origine se situe au temps de la première croisade. Il se trouve que, du même coup, cela rendait hommage à une aimable grand-mère dont c'était le nom de famille, que nous visitions régulièrement, Stève, Myriam et moi, une des dernières personnes nées au XIXème siècle, encore en vie à ce moment là. 

Liancourt Saint Pierre dans les années soixante dix était encore un village très rural et la plupart des familles qui y résidaient, en étaient originaires. Il y avait une école primaire, une boulangerie, une boucherie, une épicerie , un bar, un bureau de poste, un maréchal ferrant, et pas moins de 10 fermes agricoles ou d'élevage. Il n'était pas rare de voir les troupeaux de vaches traverser le village pour changer de pâture. Le village était très animé. Ses habitants prenaient le temps de discuter sur le bord de la route pour s'enquérir des nouvelles de la famille tout en se rendant chez les artisans locaux. Il y avait des grandes figures dans tous ces personnages croisés la baguette sous le bras ou le panier en osier au bout des mains, et j'étais la mascotte de la plupart d'entre eux, apprécié pour ma langue bien pendue et mon sens du service. 
On était dans les années 70, mais quelque chose dans ce village s'était figé dans les années 50. Les gens supportaient à l'époque que les routes soient  sales et chaotiques, que les coqs chantent dès potron-minet , que les chiens déambulent seuls dans les rues et que les personnes  aient des tempéraments pleins d'aspérités. Aussi, certaines de ces figures marquantes se retrouvent dans les aventures de Martinou et Pirouly. Mais comme on prévient toujours dans les fictions: "Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé est purement fortuite." 



Comme j'ai nourri ma personnalité de toutes les rencontres faites au cour de ma vie et de toutes mes expériences vécues, ma narration se nourrit de mes souvenirs et les transforme, les complète, les réinvente. Aussi  Martinou et Pirouly sont-ils des personnages de fiction évoluant dans leur propre univers et ne faisant que s'inspirer de mon enfance. Ce n'est pas une autobiographie. J'étais beaucoup plus froussard que Pirouly !!
Heureusement car je ne crois pas que mes parents auraient vécu aussi sereinement que les parents de Pirouly  ce côté aventurier !
 

vendredi 21 juin 2013

Partie 6 un détour par l'expérience de parolier et interprète de chansons

C'est la fête de la musique aujourd'hui, et ça tombe bien car c'est l'occasion de vous raconter mon expérience de parolier et interprète de chansons qui fut un petit détour sur mon chemin d'auteur. Et attention, un collector dans ce nouveau message, la chanson et le CD parus sous le pseudonyme de Teddy Herté (on ne ricane pas !), texte et interprétation de votre serviteur et composition musicale de Gérard Cohen du Studio Fruits et Légumes (non, non, je vous raconte pas de salades ;-)

Mon chemin jusqu'à l'écriture de Martinou et Pirouly

Un détour par l'expérience de parolier et interprète de chansons (partie 6) 
Malgré toutes les prédictions malveillantes de certains aigris, après ma terminale, je trouvai un emploi dès la rentrée dans le domaine de l'accueil. Mais j'étais surtout monté à la capitale pour devenir comédien. J'aspirai à rejoindre ma copine KB qui s'était inscrite au couteux cours Florent. La première année parisienne j'alternai travail à temps partiel et castings. J'accompagnai aussi en spectateur libre KB au cours Florent, mais j'avoue que l'ambiance rive gauche me bloqua et j'envisageai ces élèves et ces cours avec un oeil très critique. Où était l'ambiance bon enfant de nos cours amateurs? J'étais décidément fait pour l'autodidaxie. 

Ce fut une période où je me réfugiai dans l'écriture qui était un baume sur la blessure de mes ambitions déçues. J'écrivis beaucoup de textes courts avec le bon espoir d'en faire des chansons, mais, bien qu'ayant une bonne oreille musicale, je ne savais jouer d'aucun instrument. Il me fallut donc trouver un musicien.
Dans la boite où je bossais comme agent d'accueil, je rencontrai un bassiste et lui parlai de mes prétentions d'auteur. De dix ans mon ainé, il me prit sous son aile et me proposa de venir voir jouer son groupe, de faire des essais au chant, puisqu'ils cherchaient un chanteur, et de proposer un de mes textes pour qu'ils étudient la possibilité d'une collaboration, puisqu'ils cherchaient aussi un auteur.
C'est ainsi que je me retrouvai un soir à faire des vocalises et du "yaourt " dans une cave de la rue Faidherbe dans le 11ème arrondissement, perdu au milieu des cuivres, de la basse, de la guitare électrique, du saxophone et de la batterie, chacun jouant de son instrument sans trop 
 se préoccuper de s'accorder aux autres, le tout agrémenté d'effets larsen assourdissants. Ce fut une expérience très étrange. Sans compter que le groupe était plutôt rock alors que le chanteur, que je prétendais être, était plutôt variété.
Imaginez un duo Etienne Daho et Iron Maïden...!!! Après deux séances nous décidâmes de ne pas donner suite. Je retournai donc au plaisir solitaire de l'écriture. Je chantai toutefois chaque fois que je le pouvais sous ma douche ;-)
Je ne renonçai pas pour autant à proposer mes textes à des musiciens.
La même année, je fus pris en charge par une agence artistique. Jeune novice, je me retrouvai face à un agent artistique à la gourmette en or et aux lunettes de soleil sur le nez alors que son bureau était aveugle (cela aurait dû me mette la puce à l'oreille !!) avec sur le mur du fond une flopée de disques d'or allant de Marie Myriam, à Véronique Rivière (là aussi...!!!). 


Il fit une lecture de mes textes et les trouva "intéressants", mais insista sur le fait qu'il ne pouvait les proposer bruts à un artiste. Il fallait faire un choix et en mettre un en musique, afin d'y apposer une voix témoin qui servirait à la maquette et, de là, pourrait être adressée aux artistes. Il me demanda si je chantais et comme je répondis sans aucune modestie par l'affirmative, il me proposa une démonstration  sur la bande musicale de "On dirait le sud" dont je ne connaissais que le refrain. Il ne fut pas très exigeant car cela lui parut convaincant.
Il prit rendez-vous sous mes yeux avec le compositeur  Alain Cohen pour un rendez-vous au studio "fruits et légumes", près de Gambetta, afin de choisir le texte à adapter et le style de musique. Bien sûr il me remit une facture comportant les tarifs de la location du studio, le salaire du compositeur et les frais de présentation de la chanson dans une compil de l'agence adressée aux radios et au Midem de Cannes.
Le texte choisi fut This useles life ("sept vies inutiles"), texte très noir que n'aurait pas renié Jean-Louis Murat ou Mylène Farmer. Une semaine plus tard, je reçus la maquette avec la bande musicale sur la face A et la voix témoin sur la face B. Trop fier qu'un de mes textes prenne vie, je fus séduit dès les premiers accords musicaux très synthé (nous sommes en 91 apogée du son synthé). 



Dans toute cette histoire, le seul plaisir que j'en retirai, ce fut cet instant magique où je me retrouvai dans la cabine d'enregistrement avec casque et micro professionnel, découvrant les miracles du multi-pistes et des effets de voix ou mixage. J'étais pourtant gavé de miel suite à un excès de répétition qui m'avait donné un mal de gorge de mauvais augure, mais la voix fut parfaite et au bout de deux prises, la chanson était dans la boîte.

Bien entendu tout cela était une énorme escroquerie et il n'y eut pas d'envoi aux radios ni davantage de représentation au midem cannois.
De plus, mon agent ayant quitté l'agence entre temps, il me proposa de me représenter directement, chose que son contrat lui interdisait en cas de démission.
Je me retrouvai à faire des photos pour un book, de la figuration dans l'émission "la chance aux chansons" (mon Dieu pardonnez moi !!), mais aussi à témoigner dans un procès où j'aurais dû être le plaignant, puisque l'agence, découvrant qu'il m'avait débauché ainsi que d'autres apprentis artistes, le traîna en justice.
Je parvins toutefois à récupérer un quart de la somme versée à force de pugnacité et de menaces. Un souvenir doux amer donc...
Me reste le CD de "This useless life" tiré à 20 exemplaires. Ça fait cher le CD mais une petite fierté dans ma CDthèque !!! 
Et je me consolai une fois de plus dans l'écriture, mais décidai d'abandonner peu à peu le format texte pour un format plus ambitieux : les nouvelles policières.
C'est là que Martinou et Pirouly entrent en scène, en 1994.